Dans le 13e arrondissement de Paris, la Station F occupe depuis 2017 l’ancienne Halle Freyssinet, construite entre 1927 et 1929 pour accueillir les messageries de la gare d’Austerlitz. Longue de plus de 300 mètres et organisée autour de trois grandes nefs, elle était autrefois directement reliée au réseau ferroviaire pour permettre le transbordement des marchandises.







Le bâtiment doit son nom à son concepteur, l’ingénieur Eugène Freyssinet, figure majeure de l’histoire du béton précontraint. Et c’est probablement son architecture qui reste aujourd’hui la partie la plus fascinante du lieu.














Malgré ses dimensions imposantes et l’omniprésence du béton brut, la halle dégage une étonnante impression de légèreté. Ses grandes voûtes sont extrêmement fines : à certains endroits, leur épaisseur descend à moins de cinq centimètres. Piliers, voûtes et auvents semblent ainsi réduits au strict nécessaire, résultat des recherches de Freyssinet pour obtenir de grandes portées tout en utilisant le moins de matière possible.













La lumière joue elle aussi un rôle essentiel. Les verrières zénithales éclairent naturellement les trois nefs et soulignent les lignes du béton, tandis que la répétition des piliers et des voûtes crée d’immenses perspectives. En observant les détails de la structure, on retrouve encore les traces d’une architecture entièrement pensée autour de sa fonction industrielle.
















Menacée un temps de disparition, la Halle Freyssinet est finalement inscrite au titre des monuments historiques en 2012. Rachetée par Xavier Niel, elle est transformée par l’architecte Jean-Michel Wilmotte avant de devenir Station F en 2017. La rénovation conserve heureusement l’essentiel de la structure originale, les nouveaux espaces venant s’installer sous les grandes voûtes historiques.
C’est principalement cette architecture que j’ai voulu photographier : la finesse parfois surprenante du béton, la répétition des voûtes, les lignes, les textures et les perspectives. Derrière l’image très contemporaine de Station F apparaît alors toujours la première vie du bâtiment : celle d’une immense halle ferroviaire construite il y a près d’un siècle.














