Un symbole Rennais
L’autre jour, en allant rendre visite à une amie à Rennes, je suis passé devant la Mabilais. Difficile de ne pas remarquer cet imposant bâtiment installé au bord de la Vilaine, avec son plan en tripode, ses lignes arrondies et surtout sa tour hertzienne, surmontée d’une plateforme qui évoque une soucoupe volante.




Son architecture futuriste, caractéristique des années 1970, semble avoir été conçue pour être photographiée. Selon les points de vue, le bâtiment se transforme : les différentes ailes se superposent, les lignes de béton se prolongent et la tour surgit au-dessus de l’ensemble comme un signal dans le paysage rennais.
À travers cette série de photographies, j’ai voulu observer cette architecture singulière, à la fois massive et élégante, devenue l’un des repères visuels de la ville.
















Du centre des télécommunications au Mabilay

Le bâtiment est construit entre 1971 et 1973 à l’emplacement des anciens abattoirs municipaux de Rennes. Il est conçu par l’architecte Louis Arretche, également associé à plusieurs grands projets rennais de l’après-guerre (ex: Le Colombier). Il imagine un ensemble de près de 16 500 m² organisé en forme de tripode, auquel s’ajoute une tour hertzienne de plus de 80 mètres.
À son ouverture, l’édifice accueille le Centre commun d’études de télévision et de télécommunications, le CCETT. Créé par l’ORTF et le Centre national d’études des télécommunications, ce centre de recherche participe au développement de nouvelles technologies liées à l’image, à la transmission des données et aux télécommunications. Le site est notamment associé à l’histoire du Minitel, dont le lancement officiel à Rennes intervient en 1983, ainsi qu’aux recherches ayant précédé la télévision numérique.
Au cours des années 1980, le CCETT quitte progressivement la rue de la Mabilais pour rejoindre la technopole de Rennes Atalante, à Cesson-Sévigné. Le bâtiment demeure néanmoins occupé par les équipes de recherche et développement de France Télécom pour le Grand Ouest. L’entreprise quitte finalement les lieux en 2007, après plus de trente années d’activité dans l’édifice.
Devenu obsolète, notamment sur le plan énergétique, le bâtiment est un temps menacé de démolition. Il est finalement acquis par le groupe Legendre, qui entreprend une réhabilitation complète avec l’agence d’architecture Unité. Après des travaux de déconstruction, de désamiantage et de rénovation, l’aspect général de l’édifice est conservé : son plan en tripode, ses façades en béton, ses fenêtres arrondies et sa tour restent les principaux marqueurs de son identité.
Rouvert progressivement à partir de 2014 sous le nom de Mabilay, le bâtiment accueille désormais des bureaux, des entreprises du numérique, des espaces de travail, un restaurant et, pendant plusieurs années, l’écosystème de la French Tech Rennes–Saint-Malo. Sa reconversion prolonge ainsi, sous une autre forme, la vocation technologique et innovante du lieu.
La nuit, l’ancienne tour de télécommunications est mise en valeur par une installation lumineuse de l’artiste Bruno Peinado. L’antenne, autrefois destinée à transmettre des signaux, continue ainsi symboliquement d’envoyer des messages au-dessus de la ville.







