Nantes, au fil d’une journée

Pendant ma semaine en Bretagne, je décide de passer une journée à Nantes. C’est une ville que je connais plutôt bien pour y être allé plusieurs fois. Je souhaitais notamment refaire quelques photos que j’avais prises avec mon téléphone l’année dernière. J’ai donc noté quelques lieux indispensables à faire, regardé comment rejoindre le centre depuis un parking-relais, et c’est parti.

Mon aventure commence par l’usine Kelvion, devant laquelle je me suis arrêté pour prendre le tram. Quelques clichés vite faits avant de monter à bord et de rejoindre le centre-ville. L’usine, dont l’histoire remonte aux années 1920, produit aujourd’hui des échangeurs de chaleur. Mais le site a connu une tout autre activité : il appartenait autrefois à la Société de construction des Batignolles, qui y fabriquait notamment des locomotives. Témoin important du passé industriel nantais, une partie du site a été protégée au titre des monuments historiques en 2023.

Une fois arrivé dans le centre, je passe par le fameux Passage Pommeraye, inauguré au XIXe siècle. Difficile de ne pas sortir l’appareil photo : avec son grand escalier central, ses statues, ses verrières et ses différents niveaux reliés entre deux rues situées à des hauteurs différentes, le lieu offre une architecture assez spectaculaire. Malgré son âge, le passage est toujours une galerie commerciale et reste l’un des endroits les plus reconnaissables du centre de Nantes.

Sorti du passage, je rejoins progressivement la place Graslin. Face au théâtre, je me retrouve nez à nez avec Fossil Opéra, une œuvre de l’artiste Théo Mercier installée dans le cadre de l’édition 2026 du Voyage à Nantes. Comme chaque été, le parcours investit la ville avec des œuvres contemporaines, temporaires ou pérennes, installées dans l’espace public et dans différents lieux culturels. Une ligne verte tracée au sol permet d’ailleurs de suivre une partie de cet itinéraire à travers Nantes.

Je décide ensuite de me rendre sur l’Île de Nantes. Un petit détour à cause des travaux me fait emprunter la passerelle Victor-Schœlcher, où j’ai pu prendre quelques photos des fondations des quais et des bâtiments. Au loin, une averse éclate, certainement vers Saint-Herblain. De l’autre côté, la tour Bretagne s’élève sous un ciel légèrement voilé.

Une fois sur l’Île de Nantes, je longe le quai François-Mitterrand et ses restes de voies ferrées. Il n’y a encore pas si longtemps, les usines régnaient en maîtresses sur ces lieux. Désormais, les bâtiments modernes les ont largement remplacées. Quelques traces subsistent toutefois. Dans un coin, près du tribunal, on peut notamment apercevoir une cheminée conservée comme une relique du passé industriel du quartier : celle de l’ancienne usine d’engrais Jacques Jouan.

Me voici maintenant face au bâtiment de direction des anciens chantiers Dubigeon. La construction navale a longtemps occupé une place majeure dans l’histoire de Nantes, et les chantiers de l’île ont fait travailler des générations d’ouvriers. Les Dubigeon comptaient parmi les grands noms de cette industrie. La fermeture des chantiers navals nantais, à la fin des années 1980, a profondément marqué la ville et laissé derrière elle un immense territoire industriel qu’il a fallu progressivement réinventer.

Impossible, bien sûr, de visiter les anciens chantiers sans passer par les Machines de l’Île et leur célèbre Grand Éléphant. C’est jour de canicule, ça tombe bien : l’éléphant projette de l’eau avec sa trompe sur les passants. Idéal pour se rafraîchir.

Toute la zone conserve la mémoire de son passé industriel. Il faut imaginer qu’autrefois, là où l’on voit aujourd’hui des inserts métalliques et différentes marques dans le sol, s’élevaient des bâtiments industriels. Les cales témoignent quant à elles directement de l’activité des chantiers : c’est là que les navires étaient assemblés avant leur mise à l’eau dans la Loire.

Évidemment, impossible également de manquer la fameuse grue Titan jaune. Installée dans les années 1950 pour les chantiers navals, elle permettait de déplacer de lourdes pièces nécessaires à la construction des navires. Conservée après la fermeture des chantiers puis restaurée, sa silhouette jaune est aujourd’hui devenue l’un des symboles du passé industriel de l’Île de Nantes.

Je continue mon chemin sur le quai des Antilles, laissant la grue Titan derrière moi, mais nous y reviendrons dans quelques pas. J’admire les fameux Anneaux de Daniel Buren et Patrick Bouchain. Ils sont au nombre de 18, parfaits pour expérimenter un peu avec les cadrages et les perspectives. J’essaie tant bien que mal de prendre en photo, à travers eux, la vue sur Trentemoult et ses maisons colorées.

Arrivé à mi-parcours, je croise quelques vieux hangars, dont le fameux Hangar à bananes. Son nom rappelle directement son ancienne fonction : après la Seconde Guerre mondiale, le bâtiment servait notamment au stockage des bananes arrivant par bateau dans le port de Nantes. Aujourd’hui reconverti, il accueille bars, restaurants et lieux culturels.

Une fresque est signée Ador, artiste nantais, et le studio Katra. Tiens, à droite s’élèvent d’immenses bottes de géant : Invendus, une œuvre de Lilian Bourgeat installée pour Le Voyage à Nantes en 2020.

En retournant sur le quai, on semble m’observer à travers un anneau. Sur un bâtiment du quai Marquis-d’Aiguillon, de l’autre côté de la Loire, une immense fresque murale se dresse devant moi. Elle est signée Ador & Semor et a été réalisée pour l’édition 2017 du Voyage à Nantes.

Quelques clichés de la façade conservée de l’ancienne Chambre de commerce et j’arrive enfin au bout du quai, devant la deuxième grue Titan, grise cette fois-ci. Je me concentre davantage sur ses détails : ses mécanismes, sa structure métallique et toutes ces lignes qui viennent découper le ciel.

Bon, c’est pas tout ça, mais la photographie, ça creuse. Heureusement, le quai des Antilles dispose d’une cantine appelée « La Cantine du Voyage », un clin d’œil au Voyage à Nantes.

Une fois rassasié, je reprends ma marche vers le centre et retourne sur mes pas. J’en profite pour photographier quelques hangars et différents détails du quai. L’éléphant est de nouveau de sortie : j’en profite pour le prendre en photo en train d’asperger les passants.

Une fresque se dessine peu à peu derrière un ancien blockhaus de la Seconde Guerre mondiale. Il s’agit de La Ligne verte, de Sainer et Frédéric Zoer, réalisée dans le cadre de l’édition 2019 du festival Teenage Kicks. Trop de monde dans le bâtiment des Machines de l’Île : je me contente finalement de sa toiture.

Je traverse la Loire et me voici maintenant sur le quai de la Fosse. Je continue à photographier les fondations des quais. J’aperçois quelques pigeons se baladant sur les poutres quand, tout à coup, une mouette rieuse se pose devant moi. J’en profite pour la prendre en photo avant qu’elle ne reparte vers d’autres horizons.

Le temps presse. Je fais quelques clichés de l’architecture du Mémorial de l’abolition de l’esclavage avant de prendre la direction de l’ancienne usine LU. Pendant mon trajet, je passe notamment devant l’ancienne devanture du confiseur Charles Bohu.

La tour LU commence alors à se dresser devant moi. Pas de bol : un bus passe pile dans le champ au moment de la photo. Je la garde quand même, les couleurs du bus fonctionnent plutôt bien avec le reste, donc ça ira pour cette fois.

La tour LU est l’un des emblèmes de Nantes. Elle est l’un des derniers grands témoins de l’ancienne biscuiterie Lefèvre-Utile, entreprise nantaise à l’origine du célèbre Petit-Beurre. L’usine occupait autrefois un vaste ensemble de bâtiments à proximité de la gare. Une grande partie a disparu, mais l’une des deux tours qui marquaient l’entrée du site a été conservée et restaurée. Les anciens bâtiments accueillent désormais le Lieu Unique, centre culturel installé dans l’ancienne biscuiterie. Pas de bol encore une fois : c’est lundi et la partie exposition est fermée.

J’aime particulièrement cet endroit car, depuis les ponts qui enjambent l’Erdre, on peut apercevoir de gros tuyaux qui traversent le paysage. Toutes ces lignes se mélangent avec celles de l’environnement : la route, le fleuve, la voie ferrée, les bâtiments… Cela crée quelque chose de particulier et forcément intéressant à photographier.

Ma série photographique s’arrête là. J’en profite pour aller prendre quelque chose à boire avant de reprendre le tram et de rentrer.

300 photos à trier… ça promet.

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