Battersea Power Station

Il y a des endroits à Londres où je retourne presque systématiquement. Battersea Power Station en fait partie.

Avec ses quatre immenses cheminées blanches et sa façade de briques posée au bord de la Tamise, l’ancienne centrale électrique est pourtant difficile à manquer. Elle fait partie de ces bâtiments que l’on connaît parfois sans vraiment savoir où ils se trouvent, ni même ce qu’ils sont. Et lorsqu’on visite Londres pour la première fois, ce n’est probablement pas Battersea qui vient immédiatement à l’esprit.

C’est pourtant l’un de mes endroits préférés de la ville.

Une autre image de Londres

La construction de Battersea Power Station débute en 1929. Conçue notamment par l’architecte Giles Gilbert Scott, à qui l’on doit également le dessin de la célèbre cabine téléphonique rouge britannique, la centrale est construite progressivement entre les années 1930 et 1950. À son apogée, elle fournit jusqu’à un cinquième de l’électricité consommée à Londres.

Définitivement arrêtée en 1983, elle reste ensuite désaffectée pendant plusieurs décennies. Son immense silhouette continue néanmoins de faire partie du paysage londonien et devient même une véritable icône populaire, notamment grâce à la pochette de l’album Animals de Pink Floyd.

Après plusieurs projets de reconversion avortés, la centrale et les terrains qui l’entourent sont finalement rachetés en 2012. Commence alors un chantier considérable destiné à restaurer le bâtiment et à transformer tout le quartier. La centrale elle-même ouvre au public le 14 octobre 2022, près de quarante ans après sa fermeture.

Une centrale devenue quartier

Aujourd’hui, Battersea Power Station n’a évidemment plus grand-chose d’une centrale électrique. Les anciennes salles des turbines accueillent boutiques, restaurants et espaces de loisirs, tandis que le bâtiment abrite également des logements et des bureaux.

La transformation est impressionnante, parfois même déroutante. Derrière les façades industrielles restaurées se cache désormais un lieu extrêmement moderne et commercial. Mais de nombreux éléments de l’ancienne centrale ont été conservés et les deux salles des turbines gardent chacune leur identité : l’une héritée de l’Art déco des années 1930, l’autre beaucoup plus industrielle, caractéristique des années 1950.

C’est justement ce contraste qui rend le lieu intéressant à photographier.

Un endroit où je reviens

À chaque passage à Londres ou presque, j’aime revenir à Battersea. Pas forcément pour y faire quelque chose de particulier, mais simplement pour parcourir le quartier, longer la Tamise et retrouver cette architecture monumentale.

Selon l’endroit où l’on se place, la centrale change complètement de visage. Les cheminées disparaissent derrière les nouveaux immeubles puis réapparaissent quelques mètres plus loin. Les briques, les structures métalliques et les vestiges industriels côtoient désormais le verre, les appartements et les enseignes commerciales.

Battersea est ainsi devenue pour moi un sujet photographique récurrent plutôt qu’une visite à faire une seule fois.

Les photos présentées ici ont été prises au fil de mes passages sur place. Elles montrent moins la « nouvelle destination » londonienne que ce qui continue de m’attirer à Battersea : la silhouette de l’ancienne centrale, son architecture et les traces de son passé industriel, désormais intégrées à un quartier qui n’a plus grand-chose à voir avec celui qu’elle alimentait autrefois.

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